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A MIMORIA DI U VINU, notre musée du vin

La culture de la vigne

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QUI PRODUISAIT DU VIN ?

Jusqu'à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, dans les villages corses, les familles vivent en autarcie
. Les vignerons ne sauraient être uniquement vigneron car alors comment mangeraient-ils ?
Ainsi les familles, regroupées au sein de villages, possèdent chacune cultures, bêtes de somme, bêtes à lait, bêtes à viande, oliviers, figuiers.... et vigne individuelle. Chaque famille possède sa vigne ! Chaque maison possède son palmentu (pressoir à arbre)… D'ailleurs, en 1865, on compte pour la seule vallée de Luri, 170 ha de vigne répartis en 2296 parcelles! Comprenons ici que l'absence de vigne familiale est un signe de pauvreté. Une maisonnée se compose de la famille : du patriarche au dernier-né ! Toute cette société participe à la bonne marche de la maison.
Toutes les tâches sont organisées et les femmes ne sont pas en reste : una donna face una casa o a disface ! (une femme fait une maison ou la défait).


Et lorsque la cellule familiale ne suffit pas, lorsque le travail exige plus de bras, on fait appel au cumbuttu (groupe fixe qui se rassemble pour les gros travaux, on fait partie toute sa vie d'un même cumbuttu), ce qui sera le cas pour les vendanges. Mais avant d'en arriver aux vendanges, le travail ne manque pas !

PREPARATION DE LA TERRE

l'endroit le plus approprié pour faire pousser la vigne est tout simplement le moins bon pour toute autre culture, celui où rien d'autre ne poussera !

Avant de planter la vigne, il faut préparer la terre à la recevoir :

A l'automne, l'endroit choisi doit d'abord être démaquisé, on en profite pour récupérer du bois d'abord et le reste est brûlé et produit de la potasse qui va enrichir la terre.
Ce démaquisage est suivi d'un défrichage qui consiste à enlever les souches superficielles. Ce travail sera terminé fin septembre.
En hiver il faut défoncer. Le défonçage est un travail très dur qui consiste à retourner entièrement le champ sur une profondeur de 60 à 70 centimètres en creusant des fossés parallèles.

OU ET COMMENT FAISAIT-ON POUSSER LA VIGNE ? UNA VIGNA NOVA, UNE VIGNE NOUVELLE

La terre est prête, on peut planter. Une vigne est de toute évidence très géométrique.
Pour obtenir ces rangées parallèles, on commence par quadriller le champ : à l'aide d'a capra (un cadre de bois) et de cordes, on va délimiter l'emplacement des rangées et des pieds.
On pose le cadre dans le centre du champ. On tire une corde dans la longueur et on trace à la pioche plate la droite obtenue, puis on tire une corde dans la largeur et on reproduit simplement à l'aide d'un bois à la bonne longueur l'espacement correspondant.
Sur les longueurs ainsi définies, chaque mètre, un sauvageon (plant américain) sera planté. En mars, on plante les sauvageons dans un trou de 30-35 cm creusé à l'aide d'un pieu de bois, trou dans lequel on loge le plant auquel on n'oublie pas d'attribuer un tuteur.

La greffe - on déchausse la terre autour du pied.
- on le coupe un peu en dessous du niveau de la terre après avoir enlevé la première peau.
- on l'entoure de rafia.
- on fend ensuite le haut de la plante en deux.
- on insère le greffon, préalablement biseauté en deux coups de couteau, dans la fente, en faisant coïncider les deux peaux le plus précisément possible (au mm près).
- on resserre le rafia autour de la greffe et ce jusqu'en haut.
- on plante un bon tuteur à côté.
- on rebouche le trou et la greffe se retrouve entièrement sous terre

Tout ce travail fini, il faut encore entretenir la terre, sans quoi la nature reprend ses droits ! Ainsi chaque année, le champ est soit pioché soit labouré. La méthode dépend d'une part de la taille du champ, de la possibilité d'y manœuvrer avec une bête et d'autre part de la possibilité d'utiliser un bœuf que l'on possède ou que l'on loue.

Les champs sont piochés une fois en hiver et une fois en juin, il faut sarcler avant que l'herbe qui a poussé ne produise de graines. Ce sarclage permet aussi de conserver l'humidité : duie maghjincature valenu un'innaquatura (deux binages valent un arrosage).

les fumures
Pour que la terre soit bonne, on pratique aussi les fumures. Les fumures (fumier naturel) se font en novembre : on épand 10 tonnes à l'hectare. Le fumier est charrié dans des sacs de toile par les bêtes, puis transvasé dans des couffins, puis épandu à la main à travers tout le champ, dans des sillons tracés entre deux rangées. On recouvre ensuite le fumier de terre. Parfois dans les champs piochés, dans les sillons de fumure, on plante des fèves qui produiront de l'azote.

La première fumure s'effectue lorsque la vigne a quatre ans et elle est renouvelée tous les trois ans. (On fait une partie de la propriété chaque année). La fumure verte : au lieu du fumier naturel, le vigneron peut planter des lupins dans les sillons et au piochage suivant lorsque la fleur du lupin est faite, il ensevelit les plantes dans la terre car elles produisent de l'azote.

tailles de la vigne

La vigne demande également de nombreux soins ! Une fois la greffe effectuée, on fait une première taille en hiver : on re-déchausse, on coupe les éventuelles racines de la greffe qui auraient pu se développer sous terre, on laisse un seul sarment avec deux bourgeons (tailler à deux yeux), on vérifie l'état du tuteur que l'on enlève. (Le tuteur et les échalas seront replantés en mars avant que la terre ne sèche et que la végétation ne soit longue).

La deuxième année en décembre-janvier, on fait la deuxième taille : on taille deux sarments à deux yeux que l'on aura sélectionnés selon leur force et l'alignement dans la rangée.
On pratique à l'époque deux techniques de taille qui correspondent à deux conduites de vigne:

La taille en espaliers dans les vignes labourées (l'alignement est important puisqu'il faudra passer avec le boeuf) : les sarments seront attachés au fur et à mesure à quatre échalas formant deux triangles avec une pointe commune que constitue le tuteur principal auquel est fixé le cep.
La vigne est liée régulièrement à l'aide de joncs tout au long de sa croissance. Lorsqu'elle atteint le haut des échalas, on pratique l'épointage.

La taille en gobelets dans les champs piochés où il n'est pas spécialement question d'alignement : le pied est fixé à son tuteur. Et la vigne se développe librement. Ceci entraîne aussi le fait qu'il va falloir la surveiller plus car elle est plus fragile puisque moins tenue. Le palissage avec fils et piquets, plus simple et moins contraignant, coexistera bientôt avec les deux autres puis prendra largement le dessus. La vigne est fragile et durant toute la plantation que ce soit pour la greffe ou les échalas, on fait attention à bien planter face au vent dominant (le libecciu dans la vallée de Luri) et bien évidemment on préfère les endroits où elle profitera pleinement du soleil.

maladie et petits tracas

Nous avons parlé du phylloxera, mais la vigne est sujette à d'autres maladies contre lesquelles il est impératif de la traiter !
Le soufre contre l'oïdium qui attaque d'abord le bois, puis noircit le raisin qui pourrit alors et tombe. Le traitement se fait trois fois par an :
- Lorsque la feuille atteint la taille d'un cul de bouteille.
- Juste avant la floraison de la vigne (mi-juin)
- Après la floraison des grains, gros comme des petits pois.
On peut effectuer un dernier traitement avant la maturation si la maladie semble apparaître.
On mélange alors soufre et cendre pour le rendre moins agressif. Le traitement se passe tard le soir après que la brise de mer se soit arrêtée et avant que la brise de terre ne se lève, au seul moment de la journée où la feuille sera vraiment sèche!
La bouillie bordelaise contre le mildiou, champignon qui naît à l'évaporation de l'eau et qui peut pourrir le raisin. Préparation de l'acqua celesta (bouillie bordelaise) dans la vigne : on met à fondre des cristaux de sulfate de cuivre dans un tonneau d'eau. On rend ensuite cette eau neutre par l'ajout de lait de chaux. (Lait de chaux : on ajoute de l'eau à de la chaux vive dans un grand récipient, on obtient de la pâte de chaux éteinte, que l'on délaye à nouveau à l'eau jusqu'à liquéfaction, d'où "lait de chaux").
La bouillie est prête lorsque l'eau prend la teinte du ciel, d'où acqua celesta. Le traitement se passe à trois reprises : - Lorsque la première feuille est finie - Juste avant la floraison (avant celui au soufre) - Après formation du grain .
Si le temps est très humide, on en fait un quatrième en véraison. Chaque feuille doit être humectée mais pas lavée car sinon l'eau dégouline et ne reste pas sur la feuille. En général, les cépages blancs sont plutôt sujets à l'oïdium et les rouges au mildiou.

 

peut etre que maintenant vous vous demandez comment on produit le vin ?